Ta dose d'anecdotes sur l'histoire du football !
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Saint-Etienne défile sur les Champs-Elysées après avoir perdu en finale de la Coupe d’Europe 1976

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Il y a des défaites qui ont un goût de victoire. C’est le cas de la finale de la Coupe d’Europe 1976.

Nous sommes le 12 mai 1976. Après un brillant parcours, Saint-Etienne affronte le Bayern Munich pour tenter de décrocher le premier titre du football tricolore sur la scène européenne.

Malheureusement, les Verts s’inclinent sur le plus petit des scores (1-0) après avoir tiré deux fois sur les montants en première période par l’intermédiaire de Bathenay et Santini. Les fameux “poteaux carrés” du stade de Glasgow d’Hamden Park (Ecosse) : s’ils avaient été ronds peut-être que le résultat aurait été différent.

Quoi qu’il en soit, ce sont bien les Allemands du Bayern qui soulèvent leur troisième Coupe des clubs champions consécutive ce soir-là.

Une idée de Jacques Vendroux

Le lendemain de cette finale perdue, au lieu de rentrer directement à Saint-Etienne, les joueurs et le staff défilent sur les Champs-Elysées à Paris ! Ils sont accueillis en héros pour leur retour en France par plus de 100.000 personnes un jeudi (!).

Une initiative originale de Jacques Vendroux, ancien patron des sports de Radio France et à l’époque journaliste à France Inter pour suivre ce match de légende. Il raconte la naissance de cette idée à France Bleu :

“L’histoire est simple c’est une blague avec Roger Rocher, le président de l’ASSE de l’époque. Je lui dis trois ou quatre jours avant la finale : “Président, si jamais vous passiez par Paris ? Glasgow, Paris, Saint-Etienne, il faudrait changer le plan de vol, etc”. Et il me laisse parler. Je me dis qu’il ne m’écoute pas, qu’il s’en fout, qu’il n’en a rien à secouer de passer par Paris il veut retourner à Saint-Etienne le plus vite possible à mon avis après la finale, quel que soit le résultat. Il me regarde les yeux dans les yeux et il me dit : “Quoi qu’il arrive ?”. Et je réponds : “Oui, quoi qu’il arrive.” Il dit : “Je suis d’accord”. 

C’est exactement comme cela que ça s’est passé. On a gardé l’information secrète jusqu’au dernier moment. On a tout organisé. C’est-à-dire qu’on a prévenu personne. Il ne fallait surtout pas prévenir les autorités parce que de toute façon, elles n’auraient pas donné l’autorisation.

Donc, sur France Inter, le lendemain matin après la finale, on a annoncé que les Verts seraient à partir de 14 heures sur les Champs-Elysées pour fêter leur défaite de la veille, qui était une défaite considérée un peu comme une victoire.  Saint-Etienne était devenu ce soir-là le Raymond Poulidor du football. Les Verts avaient gagné sans gagner tout en gagnant, mais avaient gagné l’amour des gens. 

Donc, 150.000 personnes sont arrivées sur les Champs et cela a mis une pagaille, vous ne pouvez pas imaginer. On ne pourrait jamais refaire un truc comme cela maintenant, ce serait formellement interdit. La police a été réquisitionnée au dernier moment. Le président de la République Valéry Giscard d’Estaing a des rendez-vous mais il est obligé de les recevoir alors qu’il ne sait pas du tout ce que représentent les Verts, il n’a pas du tout idée que Saint-Etienne est un futur phénomène. Les joueurs sont convoqués à l’Elysée à 16 heures et ils arrivent à 20 heures (rires). En plus, on met bien la pagaille dans l’agenda présidentiel.

Une défaite triomphante

L’entraîneur Robert Herbin et ses joueurs – à l’image des Rocheteau, Larqué ou encore des frères Revelli – défilent dans des voitures, toit ouvert, pour signer des autographes.

Une défaite qui marque la mémoire collective des supporters du foot français peut-être même plus que certains succès.

Pour l’anecdote, avant la finale de la Coupe du monde 2006 et le fameux coup de tête de Zidane, le président Jacques Chirac aurait voulu faire la même chose et faire défiler les Bleus sur les Champs-Elysées même en cas de défaite de la France. Une demande rejetée par le sélectionneur de l’époque Raymond Domenech.

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Ta dose d’anecdotes sur l’histoire du football ! Histoires insolites souvent drôles, parfois tristes, mais toujours véridiques.

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